Interview Dutch Boogie dans Reload Mag


Dutch Boogie. Ce nom ne vous dit peut-être rien, mais il s’agit sans doute du MC le plus prolifique du nord-est de la France, avec plus d’une trentaine d’apparations sur des projets allant de la compil’ d’ indépendant, au produit de major, et ce sur une période qui correspondrait pour certain au temps qu’ il faut pour préparer un unique album.
C’ est dans son QG, le magasin Hustler’s Corner, 27 rue Montesquieu à Nancy que nous donnons rendez-vous au Blanchisseur pour l’ interview. C’ est dans cet environnement cosy et résoluement Hip Hop que nous nous affairons au derniers préparatifs, quand ce dernier arrive en peignoir Dolce & Gabbana,ceinture Louis Vuitton, chaines autour du cou et Jordan 9 flambant neuves aux pieds. Qui parle de « Swag »???
Aprés un premier contact qui se veut trés convivial autour de quelques parties de NBA 2k11, la tape « 12 coups de minuit » en fond sonore, j’ entre dans le vif du sujet…

Dutch, dis-nous, tu a l’ air d’ être quelqu’ un de multi-tâches, et j’ ai ouïe dire que ton dernier projet en date avait été enregistré dans un temps record de 3 jours, tu confirmes?

En fait ce n’est qu’en partie vrai, avec Verbal King on travaille essentiellement dans l’ urgence, on flirte avec les deadlines… Sur cet évènement précis, j’ avais une mixtape de prête, mais il y avait un peu trop de featurings à mon goût, j’ ai donc décidé de changer la moitié des morceaux à la dernière minute, et le soir d’ Halloween j’ étais encore en train d’ écrire à 23h, alors que le projet était censé sortir à minuit… Buddah Kriss qui s’ est chargé de la cover pourra confirmer, je lui ai envoyé le tracklisting définitif quelques heures seulement avant la sortie!! (rires) Mais le projet est sorti dans les temps, et a été téléchargé plus de 200 fois dans la nuit….

Es-tu satisfait des retours concernant ce projet?

J ai eu de très bons retours, ce qui m’a remotivé pour me remettre sur mon « vrai » album, que j’aimerais sortir a la rentrée 2011, et qui sera sans doute précédé d’ un maxi ou mini album solo, ainsi qu’un projet des blanchisseurs.

Dans la bio de ton myspace j’ai pu lire Dutch Boogie Mc/beatmaker, 2e moitié du groupe Les Blanchisseurs, co-fondateur de la Hustler’s Foundation…

J’ ai plusieurs casquettes, je suis artiste solo à la base, mais je forme également l’ entité Les Blanchisseurs avec mon associé dans le magasin. Parallèlement à ça, on a créé notre propre structure et on est devenus beatmakers pour n’ avoir à compter sur personne. Depuis la « Fondation » à évolué, des gens s’ y sont intégrés, et chaque individualité se complète l’ une l’ autre, ce qui permet d’ être assez efficace sur l’ évolution des projets de chacun.

Mis à part Verbal King, qui fait partie de cette structure?

Le Poissard ingénieur du son/beatmaker, Tony Cash Mc, Stargazer beatmaker, Num 8 danseur, et la liste n’ est pas finie…

Revenons à ton projet sorti pour Halloween, pourquoi avoir choisi cette date?

Avec Les Blanchisseurs, on a sorti un street album gratuit pour la St Valentin il y a quelques temps, pour détourner le concept à notre sauce, puis on s’ est dit « pourquoi pas faire ça pour Halloween aussi?! », on a donc sorti un morceau pour cette fête en 2008, un maxi gratuit en 2009, et comme j’ avais pas mal de materiel, on a décidé de les compiler et de les sortir sous forme de street tape à cette occasion pour perpetuer la tradition…
Ne pense -tu pas qu’ aprés avoir sorti autant de projets en téléchargement gratuit, le public risque de ne pas acheter ton album ou celui des blanchsisseurs?

Non je pense même le contraire, les albums en Free download étaient un moyen de se faire connaitre, et d’ attirer l’attention, maintenant que nous nous sommes fait un nom, par le biais de ces projets, mais aussi par les featurings que nous avons fait à côté, et les mixtapes auxquelles nous avons participé, Big Up à DJ Ophax et Tony Spazio en passant, on peut lancer la machine et commencer a commercialiser nos projets les plus aboutis, mais nous continuerons a sortir des projets en telechargement gratuit pour remercier les gens qui nous suivent…

Avec Verbal vous avez un univers et un argot bien à vous. Que signifie le mot Dhobi, et qu’ est ce que c’ est que ce rrrrrrrrrrrhhhhhh qu’ on entend dans tous les morceaux?

Les Dhobi, c est la caste des blanchisseurs en Inde, c’ est quasiment ce qu’ il y a de plus bas dans ce pays, donc on s’appelle Dhobi entre nous, ça nous permet de garder les pieds sur terre, et le rrrrrhhhhh, c est le bruit que fait une compteuse de billets, c est notre gimick, quand tu entends ce bruit sur un morceau, tu sait qu on va kicker… Ou que quelqu un nous a copié!!! (rires)

Un concept revient assez souvent: le trackjacking. Tu as cette capacité de t’ approprier l’ instru d’ un autre mc, et de réussir à chaque fois à faire de l’ ombre à l’ original. Comment fais-tu pour t’en détacher et d’où vient ce délire?

En fait le trackjacking va plus loin que ça…. tu peux même voler des sons à un beatmaker!!! On est quand même dans la région des doublettes… c’ est une tradition!!(rires). Non plus sérieusement, je prends un son que j’ ai kiffé et je kick sur l’ instru, ou je mets en boucle une partie du son, et j’ essaie de retourner le concept et de le faire coller à mon délire. Je réussis à me detacher de l’ original parce que je ne bloque pas dessus, tout simplement… J’ ecoute une fois ou deux, et je pars dans mon trip…

La plupart de vos morceaux sont assez sombres et sur 12 coups de minuit, un morceau inattendu « I Love you So » sur un son de Cassius… D’ où est partie l’ idée?

3 jours avant la sortie du street album, je suis tombe sur le single de cassius, j ai tout de suite accroche, et j ai eu l idée de kicker dessus, mais je ne voulais pas parler comme nous l avons déjà fait d’ argent, j ai donc pris le risque de parler d’ amour au sens propre, et le résultat n a apparament pas trop choque, et a permi a des personne qui sont moins « hip hop » de découvrir mes morceaux…

Tu as également introduit le concept de Street Singles, parle-nous-en…

Au départ, on fonctionnait en maxis gratuits comme je t’ en ai parlé plus tôt avec la St Valentin et Halloween, mais on avait besoin d’ un format plus libre, je suis donc venu avec l idée de recycler les singles comme on les trouvait a l époque en cd 2 titres, et de le transformer en single digital, afin de gagner en visibilité, et d’ attirer les nouveaux auditeurs avec un format TRES court et facile d’ accès… On a eu de TRES bons retours sur ces sorties…

Les Blanchisseurs, c’ est des concepts durs et des images chocs, on a l’impression que vous ne vous censurez jamais sur vos morceaux?

Souvent même!! On passe deja pour des schyzophrènes et des maniaco-depressifs, on va pas risquer l’ internement!!! (rire). On a des proches qui écoutent nos textes, et on a une certaine morale religieuse qui fait qu on ne peut pas se permettre de dire certaines choses, on essaie donc de faire passer certaines idées par des voix plus ou moins détournées… Il n y aura pas vraiment d’ insultes gratuites ou des morceaux ou l image de la femme est dégradée, on essaie de respecter les auditeurs et les auditrices, on ne sousestime pas notre public, donc les idées sont exprimées de manière intéressante avec beaucoup de double sens et de 3e degrés, au lieu de choquer on essaie d’ intriguer, de provoquer le débat…

Tu cite beaucoup de marques de vêtements dans tes couplets, et ton style vestimentaire d’ aujourd’ hui est en accord parfait avec tes paroles. Une question me brule les lèvres: Est-tu une fashion victim?
Déjà on possède un street shop, donc forcément si on ne s’intéresse pas à la mode, on est moins pertinent quand il s agit de présenter les collections… Mais cette passion pour les sappes remonte à assez loin, les premiers bifs que j ai fait j ai du les claquer dans des sappes de marque, j essaie de rattraper ce que j ai pas eu étant jeune…

Enfin d’ ou vient le nom Blanchisseurs?

Ce n est pas un nom qu on a réellement choisi, c est plutôt une étiquette qu on nous a colle, car pour certains partir de rien et se retrouver a gérer un commerce, un site de vpc, et un studio d’ enregistrements, rime forcément avec trafic de drogues ou blanchiment d’ argent…

Dutch, je te remercie du temps que tu nous a accordé pour faire cette interview, d’ autant plus que la rumeur dit que tu es « overbooké jusqu’ en 2027 » (rires). Un dernier mot avant de clore cette entrevue?

Oui… Guettez vos bacs, le Street album « J’ ai changé » arrive, ainsi que d’ autres surprises d’ ici peu… et Checkez le blog http://www.lesblanchisseurs.wordpress.com pour suivre le mouvement…

4 Responses to Interview Dutch Boogie dans Reload Mag

  1. fonkmaz says:

    ha bon vous vendez pas de drogue ,je croyait ca moi c’est vrai avoir un shop et un studio et en plus en vendeur colombien , je me disait…… :))

  2. dj ophax says:

    Thanks pour le big up… brahhhhhhh ONE

    • Thad LaCoke says:

      Respecte les Hardworkers!!!! Ya dig!!!

    • Thad LaCoke says:

      Respecte les Hardworrrrrrkers!!!! You Know!!!

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